Voir partir son enfant avant soi est l’une des épreuves les plus terribles de la vie.

Peut on s’en remettre un jour. Il est certain que chacun avance à sa manière.

Le 24 avril 2017, ma vie a basculé en quelques secondes. Mon fils Bryan a été percuté et tué par un chauffard qui regardait YouTube sur son téléphone en conduisait un car sur la nationale 2 à Thieux dans le 77. Depuis, je survis à travers mon fils, ses yeux sont mes yeux. Je perpétue sa mémoire et j’apporte mon aide aux parents tombés dans ce chaos.

Je propose des ateliers théâtre, des séances de thérapie par la PNL et des conférences en racontant mon histoire.

Objectifs des ateliers theatre: pouvoir exprimer ses émotions sans crainte . Comprendre l’autre et se comprendre soi-même, se voir autrement et voir l’autre autrement. L ‘échange et la persévérance sont les repères de ces ateliers.

Objectifs de La PNL : s’exprimer,  mettre des mots sur ses émotions, dédramatiser et comprendre une situation.

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J’incite également à écrire. L’écriture soigne les maux et apporte des bienfaits. Que ce soit à travers un journal intime , ou même des poèmes, l’écriture permet de prendre du recul et s’échapper. Elle permet de laisser une trace.

Il existe un proverbe éthiopien que j’aime particulièrement. “Ne pas rêver sa vie mais vivre ses rêves”. Si vous rêvez votre vie, vous supposez qu’il est trop difficile pour vous de changer la situation. Si vous vivez vos rêves, vous avez pris le chemin de la volonté et de la passion et vous le savourez peu importe les embûches.

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Peu de temps après le chaos, j’ai intégré un groupe de paroles un groupe de parents endeuillés au sein de l’association « Jonathan Pierre Vivantes ». Cette association où je me suis réfugiée pour trouver la recette miracle afin de sortir de ce cauchemar qui venait de m’ anéantir. Mais il n y a pas de recette miracle, j ai compris très vite qu’ il fallait aller puiser la force à l intérieur de soi.

Ma passion artistique, ambiance ou je baignais avant le drame de ma vie me poussa à proposer et animer des ateliers théâtre pour les parents endeuillés.

Mon souhait devint réalité.

Une nouvelle aventure si l’on puit l’appeler ainsi a commencé en décembre 2019 .

Une quinzaine de parents m’ont rejoint . Nous avons rapidement noué des liens très forts et nous sommes devenus une famille. J’ai fait en sorte que mes ateliers voient le jour pour lâcher prise et non pour nourrir la douleur.

J’ai voulu poussé les limites . j’ai proposé de faire une représentation.

J’avais écrit et joué dans le passé une pièce s’intitulant «  Miss Balthazar » une histoire autour d’un immeuble et ses locataires . Cette pièce fut joué plusieurs fois avec des thémes différents, des locataires différents. Près de 25 comédiens ont fait partie de cette aventure et comme notre univers a basculé dans un autre monde cette troupe de théâtre s’appelle « Le bâteau de l’autre monde » .

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Je ne me considère pas comme une femme courageuse car je n ai pas eu vraiment le choix. C’était soit continuer ou soit en finir. La force n’ est pas du courage, enfin c’est mon point de vue. Et puis, il y a mes enfants, mes très chers enfants qui ont toujours les bons mots afin d’alléger la grande blessure de mon existence. Je passe ma vie entre deux trains ou deux avions. Entre le théâtre, mes actions humanitaires et mes multiples projets. C’est mon chemin de vie, comme un rituel. C’ est ma façon à moi de prendre soin de mon cœur. Que ferais-je à rester chez moi à ne rien faire sauf de ressasser. C’est extrêmement fatigant physiquement et psychologiquement de penser. Il faut surtout se protéger et passer au-dessus des paroles maladroites et des phrases toutes faites qui viennent bien souvent de ceux qui ne connaissent pas la grande douleur. Le deuil ne restitue pas la vie antérieure. Je chemine dans une réalité que je ne peux pas changer. Alors je vis à 100% comme le faisait mon fils. Je continue à l’honorer et faire des choses en son nom.

Les parents endeuillés deviennent des forces de la nature.

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